quantitative easing

 

 

 

 

Le quantitative easing - en abrégé QE - désigne l'un des outils à disposition des banques centrales pour agir sur la circulation monétaire. Un outil en fait peu utilisé à ce jour : si la banque centrale américaine, la FED, y recourt avec succès depuis 2008, il n'en est pas de même de son homologue, la Banque Centrale du Japon, qui a obtenu des résultats beaucoup plus mitigés. De son côté, la Banque Centrale Européenne a annoncé son lancement sur la période mars 2015 - septembre 2016. Personne ne peut dire à ce jour si l'objectif annoncé (la lutte contre la déflation) sera atteint.

  

 

L'étude du quantitative easing se situe au carrefour de l'économie, de la banque et des marchés. C'est un sujet technique mais susceptible d'être abordé de manière globale, "par en-haut". Pour bien comprendre, il faut voir dans le QE un coup de billard à plusieurs bandes

 

RÉSUMÉ La mission N°1 de la Banque Centrale Européenne est de maintenir l'inflation, aux environ de deux pour cent (selon le traité de Maastricht). Jusqu'à présent, la BCE s'efforçait d'empêcher les excès d'inflation, mais pour la première fois, il y a un problème contraire, la faiblesse de l'inflation. La BCE est donc dans son mandat lorsqu'elle indique qu'elle veut rétablir un peu de hausse des prix. Ce qu'en jargon économique s'appelle combattre la déflation. 

Pour atteindre cet objectif, la BCE fait feu de tous bois. L'arme absolue, c'est la création monétaire laquelle, selon la théorie économique, doit générer de l'inflation. Cette nouvelle monnaie est distribuée aux banques, pour qu'elles-mêmes distribuent des crédits à l'économie...si elles le veulent bien, si elles n'ont pas atteint leurs limites, et si il y a des emprunteurs de qualité qui veulent emprunter. Ce qui fait beaucoup de conditions.

En fait, et heureusement, la création monétaire a des conséquences psychologiques positives susceptibles de ranimer l'inflation.  Il y a par exemple l'effet de richesse lié au fait que certaines banques vont acheter des actions, donc faire monter les cours, ce qui est un encouragement à dépenser plus, avec ou sans crédit.Il y a ensuite l'effet euro sur le marché des changes.  L'anticipation de l'inflation dans la zone euro pousse certains investisseurs étrangers à vendre leurs euros pour acheter des dollars et profiter de futurs gains de change. La conséquence est une hausse des prix des importations. 

Dernier point, la baisse des taux des emprunts d'états des pays du Sud. Dans ces pays, la charge de la dette va baisser, ce qui peut les encourager à .. dépenser plus. Au final, toutes ces actions, toutes ces effets doivent contribuer à relancer la machine économique .

 

 

 

vue générale

Il faut distinguer le pourquoi du comment. Le pourquoi, c'est donc de rétablir l'inflation. Le comment est représenté par cle schéma ci-après. 

 

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les objectifs

Le premier objectif du quantitative easing c'est de combattre la déflation. C'est le facteur de blocage le plus sournois, le plus puissant, le plus dangereux qui soit car il traduit et encourage le manque d'envie de consommer ou d'investir des acteurs économiques.

 

Le deuxième objectif du QE la relance de l'activité économique par  le crédit. On parle en fait d'augmentation de la quantité de monnaie en circulation, ce qui veut dire la même chose. Cela se fait donc à travers les banques, dont on va faciliter le travail.

 

Le QE n'agit donc pas directement sur l'activité économique, mais indirectement, ce qui explique que l'on ne soit pas complètement sûr d'atteindre le résultat recherché. 

 

Outre le crédit et les banques, la relance de l'activité économique dépend des consommateurs et des entreprisesC'est vrai que l'État, ou disons la puissance publique, peut encourager le mouvement, mais il ne peut pas le créer. 

 

Pour tous ces acteurs, il y a un problème de motivation. Les achats des consommateurs qui ont ENVIE de consommer poussent les entreprises à investir pour développer leur activité. Pour une entreprise, investir veut dire acheter des équipements à d'autres entreprises et payer des salaires en plus à de nouveaux collaborateurs qu'elle va recruter, .. et qui vont consommer. Ce mouvement vertueux peut hélas être bloqué.

 

 est précisément 

 

Ce deuxième objectif est sans doute le plus important. Voyons pourquoi et comment. 

 

 

combattre la déflation

La déflation est une maladie. C'est le phénomène économique le plus redouté car il prend naissance dans l'esprit des consommateurs et des entrepreneurs. 

 

La déflation c'est une baisse des prix qui s'amorce et fait penser à chacun qu'il vaut mieux retarder ses achats pour dépenser moins. Présent dans l'esprit de millions d'individus, ce sentiment freine la consommation et pénalise l'économie toute entière.  

 

Pour ces consommateurs, mais surtout pour les entreprises, un autre élément fondamental est le crédit. En effet, même s'il y a peu de demande du fait du mécanisme décrit ci-dessus, il y aura toujours des entrepreneurs qui veulent investir parce qu'ils ont une idée, parce qu'ils pensent que la demande va revenir, etc... Mais sans crédit ils ne peuvent rien faire. 

 

Le quantitative easing agit à ces deux niveaux: empêcher la déflation et faciliter le crédit. On va voir comment ce but est atteint....

 

faciliter le crédit 

Pour combattre la  déflation, il suffit d'encourager son contraire, l'inflation. Pour cela il suffit de desserrer les freins habituellement utilisés pour la contenir. Pour limiter l'inflation, la banque centrale utilise deux leviers: le premier est le taux d'intérêt, c'est-à-dire le prix de l'argent fourni aux banques pour que celles-ci puissent accorder des crédits à leur clientèle. Le second est plus direct puisqu'il concerne le volume des ressources mises à disposition des banques. Globalement, la banques centrale contrôlent la quantité de monnaie.

 

Dans la pratique, la banque centrale agit simultanément sur ces deux leviers. Elle  baisse le taux et le volume des ressources apportées aux banques par le biais du marché interbancaire, appelé aussi marché monétaire......... à suivre

 

chances de succès

 Il n'est pas du tout sûr que le QE européen réussisse.

  


 quelques clés pour comprendre

Quatre éléments sont importants pour bien comprendre  ce qui précède : le marché monétaire, la titrisation, la notion d'inflation. Il faut aussi avoir en tête la logique de construction d'un bilan. 

 

De toutes ces notions préalables, les plus importantes sont les deux premières ... qui sont aussi les plus simples,  car elle ne supposent aucune connaissance particulière. N'hésitez-pas à consulter les extraits ci-dessous et à relire ensuite ce qui précède. Le résultat vous surprendra!

 

  

(clic sur image) 

marché monétaire titrisation
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15/02/2015