actualité

 

Quelques faits marquants de l'actualité financière récente, et  les modules d'explication pouvant être utiles à une meilleure compréhension.

 

 

 

 

Le quantitative easing
Titrisation: le retour
Clichés sur la finance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le quantitative easing

 

Les achats d’obligations par la BCE et les taux négatifs suscitent la perplexité. D’un côté en effet la création monétaire et les liquidités « qui inondent les marchés » n’ont pas d’effet convaincant sur l’inflation et le crédit.  Et de l’autre, ovnis de la théorie économique, les taux d’intérêts négatifs sont susceptibles de coûter fort cher aux banques et aux sociétés d’assurance.

 

Il est probable en fait que la BCE n’ait pas tout dit des finalités de son dispositif. Pour en mieux comprendre le sens il faut regarder de près le mécanisme de rachat des obligations souveraines.

 

Le bon sens suggère en effet que si les banques vendent les obligations souveraines qu’elles détiennent, c’est qu’elles y sont incitées. Et que les avantages espérés l’emportent sur la charge des taux négatifs pénalisant les liquidités qui n’auraient pas été utilisées pour l’octroi de nouveaux crédits.

 

C’est effectivement le cas. Un calcul simple montre que les profits de ce type d’opérations sont potentiellement  importants. Tout dépend en effet des conditions de rachat offertes par la BCE, un élément du dispositif gardé confidentiel par les parties, mais que l’on peut deviner.

 

Pour inciter un prêteur à vendre un crédit ou une obligation, il faut lui proposer un taux inférieur au taux d’origine de l’actif cédé. Le différentiel de taux se traduit pour le vendeur en une plus-value de cession qui peut être considérable. Prenons l’exemple d’une obligation sur dix ans au taux de 2 %. Si la BCE offre de la racheter au taux de 1 %, la plus-value réalisée par la banque sera de 9.5%. Comme le montre le calcul actuariel, cette plus-value sera doublée si la BCE offre  un taux de rachat de 0.25% !

 

Il est très probable qu’il en soit ainsi. On peut même imaginer le fonctionnement « en boucle » du système, le produit de la vente à la BCE permettant l’acquisition de nouvelles obligations aussitôt revendues avec profit et ainsi de suite. La BCE l’a implicitement encouragé en acceptant d’acheter des obligations souveraines émises à taux négatifs.  

 

Il semble donc que la BCE ait mis en place un outil aussi puissant que discret pour donner un coup de pouce aux institutions financières en mal de fonds propres.  La révélation récente des difficultés persistantes des banques italiennes et allemandes notamment justifierait ainsi a posteriori le bien-fondé de sa politique de soutien. On comprend dès lors que si l’Allemagne a accepté sans broncher ou presque sa mise en place, c’est aussi qu’elle y trouve son compte.

 

L’autre aspect tout aussi important et relativement peu commenté du quantitative easing est le stockage progressif des dettes souveraines auprès de la BCE. En clair, la BCE se substitue progressivement au marché, avec tous les avantages que cela peut représenter pour la sécurité des emprunteurs en termes de liquidité et de stabilisation des taux.

 

Pour sa contribution à la stabilisation de l’économie et des finances de la zone euro, la Banque Centrale Européenne mérite tous les honneurs.

 

 


 

 

 
le retour de la titrisation

 

Avec le quantitative easing,  la titrisation s'introduit silencieusement dans le paysage financier européen, sous l'impulsion de la Banque Centrale Européenne. Prudemment aussi car le sujet est sensible du fait de sa connation "subprimes". 

 

Cette technique ancienne, née aux Etats-Unis, ne mérite pas l'excès d'indignité dont elle a été entourée, mais encore faut-il savoir pourquoi. C'est ce qui est expliqué ci-après.

 

Pourquoi ce retour de la titrisation ?  Pour dire les choses simplement, dans son état actuel, et avec les contraintes qui pèsent sur lui, le système bancaire ne suffit plus aux besoins de l'économie. La titrisation permet de compléter ce manque par appel au marché.

 

La titrisation des crédits bancaire permet d'atteindre deux objectifs:

 

- l'allègement des bilans des banques lesquelles du coup, peuvent prêter à nouveau

  à hauteur des crédits titrisés, et ainsi de suite

- une contribution accrue des marchés au financement de l'économie.

(La proportion marché/banque dans le financement de l'économie est de 60/40 aux États-Unis, ... et de 40/60 en Europe.)

 

Pour aider à la compréhension de ces sujets, voir les modules titrisation ou banque en colonne de droite.

 

 

 

 

 

 

 

les clichés sur la banque et la finance

"L'erreur est simple, la vérité est complexe."

 

Ci-après quelques-uns des thèmes discutés en fonction de l'actualité du moment. Pour tous ces sujets, et bien d'autres, INFOFI2000 propose un "lecture" des événements et renvoie aux modules pertinents du cours qui aident à leur compréhension..

 

 

 

LES MARCHÉS SONT DANS LE COURT TERME, LES ENTREPRISES DANS LE LONG TERME Exact, c'est même tout le génie du marché de transformer le temps long de l'entreprise en temps court pour l'investisseur. L'entreprise bénéficie de financements dans la durée, l'investisseur peut changer d'avis à tout moment et revendre ses actions/obligations. Quant à la "pression" des marchés pour des résultats immédiats, ce n'est qu'un élément parmi d'autres à gérer pour le management.

 

 

metsys-r.jpg LES BANQUES SAVENT QU' ELLES SERONT SAUVÉES PAR LES ÉTATS QUOI QU'IL ARRIVE Il y a eu tout de même environ 500 faillites de banques ces deux dernières années, aux États-Unis et en Europe. Ce qui est vrai est qu'à partir d'une certaine taille, l'État doit intervenir. C'est le "too big to fail". Mais dans ce cas, les actionnaires perdent tout. il est donc faux de penser que les banques sont encouragées au laxisme.

 

 

bk1.jpg LES BANQUES SONT FRILEUSES ET  NE PRÊTENT PAS ASSEZ AUX ENTREPRISES  Il ne faut pas confondre frilosité et prudence. Les banquiers comme les hommes d'affaires n'aiment pas les mauvaises affaires. Mais il y a un autre élément, incontournable celui-là, la régulation. En clair une banque ne peut pas prêter plus de 12 fois ses fonds propres.  Pour prêter plus, une banque doit donc augmenter ses fonds propres, ce qui veut dire, faire des bénéfices.

 

 

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LE LBO TUE L'ESPRIT D'ENTREPRISE CAR LES BANQUES SE PAIENT SUR LA BÊTE 

C'est tout le contraire ! Le LBO permet à un entrepreneur qui a des moyens financiers limités de reprendre une entreprise pour la développer. La banque qui apporte le complément de crédit prend le risque de tout perdre si l'affaire tourne mal. Le remboursement progressif du crédit se fait par prélèvement sur les éventuels bénéfices. On est dans l'éthique du risque, loin du "moralement incorrect" suggéré ici.

 

 

bulle.jpg LA TITRISATION A CRÉÉ L'OPACITÉ QUI EST À L'ORIGINE DE LA CRISE DES SUBPRIMES Faux, mais difficile à expliquer en quelques lignes. Si c'était vrai, comment expliquer que la BCE vient de l'introduire en Europe! Pour ne pas trop effrayer l' "opinion", elle n'utilise pas le mot de titrisation, mais un acronyme, les ABS, c'est à dire les "titres qui résultent de la titrisation". Le sujet est expliqué simplement dans l'onglet 'titrisation' en colonne de droite.

 

 

euro 01.jpg L' € EST RESPONSABLE DE LA STAGNATION EN EUROPE, DONC IL FAUT EN SORTIR L'euro, c'est l'Europe, qui n'est pas aimée de tous. Pas étonnant donc que la monnaie symbole soit malmenée ici et là. Ce qui est vrai est que l' € a joué un rôle de coussin amortisseur et nous a protégés des cycles dévaluation-inflation catastrophiques des trente dernières années. Sans compter la fluidité du commerce intra-européen. Sur ces deux points, on a oublié ce qu'il en était avant l'euro.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MAJ 15/03/2017



22/01/2016